Le successeur de 6e Sens aura eu du mal à boucler un budget pourtant limité face à ceux de ses concurrents.

En 2000, 6e Sens avait atteint les demi-finales de la LVC avec un budget tout riquiqui : 11,5 millions d’euros. Le budget du défi français était loin d’atteindre celui du vainqueur italien de la LVC. Prada Challenge aurait dépensé 45 millions d’euros pour aller défier le defender Team New Zeland. Cette fois-ci, les Français se présentent sur la ligne de départ avec d’autres moyens pour un parcours semé d’embûches. Avant toute chose, il faut trouver des sponsors. Principal partenaire de 6e Sens, Bouygues Telecom décline l’invitation mais accorde tout de même en mars 2000 une bourse d’1,37 millions d’euros aux porteurs du projet pour qu’ils poursuivent leurs recherches. Ce qui est alors le Défi Yaka est rejoint en juillet 2001 par le site de recherche d’emploi Monster.fr. Ce dernier apporte 5 millions d’euros dans la corbeille. L’équipe se structure avec la création d’une société anonyme (!) au capital d’un million d’euros. La Communauté des Pays de Lorient met à la disposition du Défi le site de l’ancienne base sous-marine de Keroman. Un outil de travail indispensable de 6.500 m2.

En décembre 2001, coup de maître. Issu du regroupement en septembre de la même année de la COGEMA, Framatome ANP et FCI, le Groupe Areva est à la recherche du meilleur moyen de se faire connaître et de faire oublier une image collée à ses activités nucléaires. Il s’engage auprès du défi Yaka qui devient, contre un chèque de 15 millions d’euros, le Défi Areva. C’est une bouffée d’oxygène pour le camp français qui avait pris un risque en lançant dès octobre la construction d’un nouveau Class America (le Défi dispose aujourd’hui de deux bateaux).

Dans quelques semaines, le Défi Areva disputera ses premiers round robins. On saura alors si l’objectif affiché d’atteindre une nouvelle fois les demi-finales est tenable.

A savoir

Avec 20 millions d’euros, le budget du Défi Areva est sans commune mesure avec celui de 6e Sens. Mais il reste l’un des plus petits du plateau. GBR dispose d’un budget de 35 millions d’euros. Prada aligne encore 50 millions d’euros, comme les Suisses d’Alinghi. Stars & Stripes disposerait de 40 millions de d’euros. Celui de OneWorld a été revu à la baisse après la crise des nouvelles technologies. Il reste néanmoins confortable avec 80 millions d’euros. A peine moins que celui d’Oracle : 85 millions d’euros.

Tout prévoir
L’équipe comprend un juriste chargé du suivi de l’évolution du règlement de la Coupe de l’America. Il est assisté d’un arbitre international, spécialiste des différends sur l’eau. En plus, le Défi Areva pourrait faire appel à un cabinet d’avocats qui déjà officié en 1999.

Argent toujours
Entre 5 et 12 millions d’euros. C’est la somme qu’aurait déboursé Ernesto Bertarelli, promoteur du défi suisse, pour s’attacher les services de cinq anciens membres de Team New Zeland. L’équipier de base aurait un salaire de 9.150 euros par mois. Dans l’équipe française, la fourchette des salaires serait de 1.220 à 2.450 euros.