L’assemblée du sport provisoire qui a planché durant trois mois sur l’avenir du modèle sportif français a remis mercredi un catalogue de 313 propositions allant de l’incantation utopique à la préconisation concrète applicable quasiment sur le champ.

180 experts issus de cinq collèges destinés à partager la gouvernance en matière de sport -mouvement sportif, Etat, collectivités locales, société civile, monde de l’entreprise – et réunis en six groupes de travail -sport pour tous, sport sain et éthique, emploi et formation, sport de haut niveau, économie du sport et gouvernance- ont également préfiguré la future assemblée du sport pérenne qui sera mise sur pied par décret, en septembre, et resserrée autour d’une soixantaine de personnes.

Cette assemblée, voulue par la ministre des Sports Chantal Jouanno et le président du CNOSF Denis Masseglia, aura pour mission de poursuivre la série de préconisations entamée ce printemps sur le modèle de la démocratie participative, et d’évaluer leur faisabilité.

Partant du constat que le sport n’occupe pas la place qui lui revient, l’assemblée du sport a présenté quelques propositions phares:

– Créer une licence exploration: La licence exploration ou licence découverte permettrait à un public indécis d’aller d’un sport ou d’un club à l’autre, sur une base trimestrielle ou mensuelle. Elle serait financée par des acteurs multiples et distribuée hors des clubs et des fédérations, voire dans le commerce.

– Distribuer un chèque sport: Dans le même but d’inciter un grand éventail de publics à la pratique et la découverte, un chèque sport serait distribué par les entreprises sur le modèle du chèque-restaurant ou vacances, assorti de mesures de compensation fiscale. Dans un même esprit, l’adaptation de l’offre tarifaire des clubs et des activités sportives doit être étudiée pour convenir aux plus modestes.

– Délivrer des certificats d’incitation: Les certificats d’aptitude, c’est bien, les certificats d’incitation, c’est mieux. Partant du principe que l’activité physique est bénéfique pour la santé, sa pratique pourrait devenir officiellement recommandée par le corps médical et inscrite dans le code du travail.

– Encourager le mécénat: Le sport ayant de plus en plus de mal à se financer par les moyens traditionnels (subvention, sponsoring), le recours au mécénat serait favorisé notamment en permettant aux entreprises mécènes une défiscalisation qui passerait de 5% contre 5 pour mille actuellement.

– Garantir le droit à l’emploi: Une médaille d’or mondiale ou olympique deviendrait un sésame pour son détenteur afin de bénéficier d’un emploi après sa carrière.

– Rassembler, et resserrer, les compétences: 7000 sportifs de haut niveau sont inscrits sur les listes du ministère actuellement. Un resserrage serait peut-être bénéfique et ses effets devraient être étudiés par un groupe d’experts. En revanche, la mise en commun des compétences des entraîneurs de haut niveau de plusieurs disciplines traditionnellement fortes du sport français devrait être encouragée, sans doute au sein d’une Académie des entraîneurs au sein de l’INSEP.

– Optimiser les équipements sportifs scolaires et militaires: 4000 équipements sont sous-employés par leurs utilisateurs de base que sont les scolaires et les militaires. Les ouvrir le soir et les week-end permettrait d’en faire bénéficier un plus large public souvent en demande d’installations.