Grégory Baugé, François Pervis et autres champions du cyclisme sur piste disposent enfin en région parisienne d’un vélodrome couvert au format olympique, qu’ils ont pu admirer pour la première fois sur le site de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Un cadeau de Noël avant l’heure !, s’est exclamé Baugé, triple champion du monde de vitesse individuelle et médaillé d’argent aux JO de Londres. Super, je n’ai jamais roulé sur une piste avec un tel dessin, a renchéri Pervis, qui a pulvérisé la semaine dernière au Mexique deux records du monde (200 m et kilomètre).

L’anneau en bois blond (pin) de 250 mètres, serti dans une enceinte très lumineuse, est appelé à servir d’outil de travail aux pistards français, jusqu’à présent limités à la piste de 166 mètres de l’Insep dans le bois de Vincennes (est de Paris). Il est la pièce-maîtresse du centre national du cyclisme avec, à proximité immédiate, une piste de BMX au format olympique et le siège de la Fédération française de cyclisme (FFC) auparavant à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). On attendait ce vélodrome depuis tant d’années. A son époque, Daniel Morelon (triple champion olympique en 1968 et 1972) l’avait réclamé au Général de Gaulle, a souligné David Lappartient, président de la FFC, sans avoir besoin de rappeler que le dernier vélodrome couvert spécifique dans la région parisienne (Vel d’Hiv) avait été détruit en 1959.

Un mariage à trois

Le projet, initié par la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, s’est inscrit tout d’abord dans le cadre des équipements prévus pour la candidature parisienne aux JO 2012. Mais on avait dit qu’on ferait cet équipement, quel que soit le résultat, a déclaré Robert Cadalbert, président de la communauté d’agglomération. Si le partenariat public-privé est parfois très critiqué, c’est dans notre cas une réussite, a ajouté son vice-président en charge du dossier, Yves Mâcheboeuf. C’était un mariage à trois, entre les collectivités, Vélopolis (société d’exploitation du vélodrome national) et la fédération. Après le cahier des charges et la réalisation, nous en sommes au troisième stade, la gestion qui va démarrer. On pourra dire le pari complètement réussi après un ou deux ans d’expérience.

Devant ses coureurs, le président de la FFC a fixé l’objectif : Redevenir la première nation mondiale sur la piste. Désormais, nous avons l’outil à hauteur de nos ambitions. A l’Insep, les athlètes ne pouvaient plus utiliser les braquets et les roues employés en course.

Je suis très agréablement surpris, a confirmé François Pervis. La piste est très large, un mètre de plus par rapport aux autres, et ça change beaucoup de choses. A l’entraînement, on va aller plus vite, on peut gagner 1 ou 2 km/h à chaque sprint. Techniquement, l’anneau, qui présente un rayon très important, a séduit les Bleus. C’est fluide, ça roule très bien, a décrit Grégory Baugé pour définir ses sensations initiales. On va pouvoir prendre plus de plaisir… et de vitesse. De là à concurrencer la Grande-Bretagne, grande puissance olympique de la piste, le pas reste à franchir. On sait très bien que ce n’est pas tout, a rappelé Baugé, mais c’est un bon début. D’ailleurs, l’inauguration le 30 janvier prochain donnera lieu à un match France – Grande-Bretagne. Comme un symbole et un clin d’oeil adressé aux maîtres britanniques.