Le Racing-Métro a inauguré la semaine dernière son nouveau centre d’entraînement ultra moderne au Plessis-Robinson, dans un ensemble de 2 hectares qui comprend également son école de rugby, son centre de formation et les services administratifs du club. Ce mini Marcoussis doit faire franchir au club francilien un pas supplémentaire dans ses ambitions.

Quand on a reçu le staff de l’équipe de France, je leur ai dit: Vous allez voir, c’est un mini Marcoussis, sourit l’entraîneur Gonzalo Quesada, qui a régulièrement travaillé au CNR ces dernières années au sein de l’encadrement du XV de France. Salle de musculation dotée de caméras pour observer et corriger ses mouvements, espace cardio avec des vélos d’entraînements surplombés par un écran affichant en direct les données physiologiques des joueurs, salle de soins avec matériel dernier cri et piscines de rééducation et récupération, vestiaire de 44 places, deux terrains exclusivement pour les joueurs professionnels dont un en pelouse synthétique. Tout a été installé, au Plessis-Robinson, pour un travail optimal des joueurs.

Nous avons visité beaucoup de centres d’entraînement, notamment des clubs de football anglais, et je dois dire que nous nous sommes pas mal inspirés de celui d’Arsenal. Nous avons voulu reconstruire un lieu familial où les joueurs peuvent travailler, passer du temps, échanger, se soigner, explique le président Jacky Lorenzetti. Quand j’ai repris le club il y a six ans, mon projet était de le pérenniser en m’appuyant sur trois piliers : l’avenir et la formation, le professionnalisme pour s’installer durablement dans l’élite, et une enceinte. Les deux premiers piliers sont ici réalisés, s’est-il réjoui.

Un investissement de 10 millions d’euros

Ce centre est divisé en deux bâtiments. Le premier est réservé aux joueurs professionnels. Ce bâtiment compte aussi 1 200 m2 de bureaux pour les services administratifs du club et ceux de la holding Ovalto (activités dans l’immobilier, la finance et la viticulture) de la famille du propriétaire du Racing. L’autre bâtiment abrite le centre de formation, 29 studios pour ses pensionnaires, des salles de classe, une salle de restauration et les installations sportives pour les jeunes. Sa construction est estimée à 10 millions d’euros quasi-intégralement financé par le club.

Parmi les installations sportives des clubs du Top 14, celles du Racing font figure de must. Cet outil doit être un moyen, pas une finalité. Si on sait bien l’utiliser, cet outil doit nous permettre d’aller encore plus haut, confirme le manager Pierre Berbizier.

Depuis son retour dans l’élite en 2009, le Racing n’a eu de cesse d’afficher son ambition. Il a recruté des joueurs prestigieux (Chabal, Nallet, Steyn, aujourd’hui partis) et atteint à chaque fois la phase finale du Top 14. Avec le centre du Plessis-Robinson, Jacky Lorenzetti voit se concrétiser un de ses projets phare. On se donne les moyens sportifs, maintenant il faut qu’on se donne les moyens économiques avec l’Arena, le futur stade multimodal à toit rétractable avec boutiques et restaurants, plus également 33.000 m2 de bureaux, prévu à Nanterre mais bloqué par des recours et des renégociations de prix avec le constructeur Vinci (son coût total était estimé à 320 millions d’euros).
Rien n’est fait pour l’Arena 92

Au cours de l’inauguration du nouveau centre d’entraînement du Racing Métro, Jacky Lorenzetti s’est épanché sur le dossier de l’Arena 92. Contrairement à ce qu’on dit, rien n’est fait. Les discussions sont toujours en cours. Ce n’est pas simple et j’avoue une certaine lassitude depuis cinq ans (que le projet est lancé). Si on veut pouvoir livrer comme on l’espère fin 2015, il faut commencer avant la fin de l’année, a-t-il déclaré.

Le président s’est étonné du blocage de son projet qui bénéficie d’un quasi-consensus, va créer 2.000 emplois, coûter presque zéro centime aux collectivités locales et qui est soutenu par deux enquêtes qui ont montré que 75% puis 80% des Nanterriens y sont favorables. Si on n’y arrive pas, ce que je n’espère pas, je suis définitivement vacciné du rugby, j’ai le virus, je continuerai et on trouvera un autre endroit pour accueillir nos matches. On n’abandonnera pas, a assuré le dirigeant, qui avait un temps envisagé de se retirer du rugby si son projet échouait.