Le Prix d’Amérique est un rendez-vous à ne pas manquer pour les parieurs. Un rendez-vous à ne pas manquer non plus pour le Pari Mutuel Urbain.

Le Prix d’Amérique est la course hippique la plus populaire de l’année en France. Devenu mythique au fil des ans (l’épreuve a été créée en 1920), son nom est un hommage aux soldats américains de la Grande Guerre (bien que les Américains boudent l’épreuve depuis 30 ans car ils n’apprécient pas le profil accidenté de l’hippodrome de Paris-Vincennes et la distance de 2.700 m).

Considérée comme la finale mondiale du trot attelé, la course fait rêver des millions de parieurs, mais aussi les professionnels du trot. Le Prix d’Amérique génère de l’argent, beaucoup d’argent (la course rapporte en moyenne 30 % de plus que le Prix de l’Arc de Triomphe disputé en octobre par les galopeurs). En l’an 2000, le record d’enjeux a été battu avec 40,55 millions d’euros enregistrés aux guichets du Pari Mutuel Urbain (PMU) !

Pour attirer les parieurs et les concurrents, on met les petits plats dans les grands avec une super cagnotte de 1,52 million d’euros pour les premiers et 800.000 euros de prix (dont 400.000 euros pour le vainqueur) pour les seconds. Les organisateurs du Cheval français, société mère du trot, organisatrice du Prix d’Amérique (France Galop gère les courses de plat et d’obstacles), ont éliminé cette année une quinzaine de concurrents pour n’en retenir que 18, le maximum autorisé pour des raisons de sécurité. Depuis novembre, ces chevaux se retrouvent régulièrement sur les mêmes courses. Histoire, pour les organisateurs, d’établir une complicité entre chevaux et parieurs.

Le trot est un véritable business en France. On recense 9.979 courses de trot par an sur tout le territoire pour un total d’enjeux de 3,07 milliards d’euros ! L’an passé, le chiffre d’affaires du PMU a atteint un niveau historique, pour s’établir à 6,17 milliards d’euros, en hausse de 6,7 % par rapport à l’année 2000. Grâce à une campagne de communication efficace, sur le thème jouer avec vos émotions, l’image des courses de chevaux s’est rajeunie. Le turfiste n’est plus contraint de se rendre dans un hippodrome ou dans un PMU pour parier. Désormais, il peut le faire de chez lui grâce à sa télévision (via les paris en ligne). L’Etat trouve son compte. Les courses rapportent un milliard d’euros à l’État.

Les télévisions suivent. Canal Plus a consacré une heure de son antenne à l’événement, dimanche dernier. 105 télévisions étrangères avaient acquis les droits TV du Prix d’Amérique 2002.

L’épreuve est aussi un endroit où l’on se doit d’être présent. Ministres, stars du cinéma et de la télévision se côtoient dans les tribunes qui accueillent jusqu’à 40.000 spectateurs.

Malgré son succès populaire, cette 81e édition du Prix d’Amérique n’a pas permis au PMU de battre le record des enjeux inscrit l’année dernière. Selon le Cheval Français, les enjeux seraient en retrait cette année d’environ 10 % et atteindraient 36 millions d’euros. Une baisse attribuée à l’arrivée de l’euro.
Amende record pour Varenne

Le cheval italien Varenne, vainqueur de la 81e édition du Prix d’Amérique a rapporté à ses propriétaires, l’écurie italienne Dany, la somme de 400.000 euros et 50 % des entrées sur l’hippodrome.
Cependant son driver, Giampaolo Minnucci, désigné comme responsable des trois faux départs de la course, a été sanctionné d’une amende record de 24.000 euros et d’un mois de mise à pied par les commissaires du Cheval Français.