A des résultats sportifs décevant, le Borussia Dortmund ajoute des bilans économiques désastreux. L’unique club allemand coté en bourse avertit qu’il se trouve dans une situation menaçante pour son existence même. Embourbé depuis des années dans une spirale infernale, le club de la Ruhr, fondé en 1909, présente un endettement de 118,8 millions d’euros et une perte opérationnelle de 27,2 millions d’euros pour la seule période de premier semestre 2004-2005. La débâcle est totale. Le Borussia prévient qu’il ne pourra faire face à ses échéances de 29,7 millions d’euros pour le semestre en cours…

La vente de ses meilleurs joueurs, à prix bradés, ou la réduction des salaires ne suffisent pas à retrouver l’équilibre. Les dirigeants ont multiplié les erreurs stratégiques. L’argent levé avec l’entrée en bourse (fin 2000) s’est dilapidé dans les transferts et salaires des joueurs. Pire encore. Propriétaire de son stade, le Westfalenstadion, le Borussia l’a vendu contre 75 millions d’euros. Les augmentations de capital ne suffisent plus à combler les pertes. Désireux de racheter l’enceinte de 83.000 places, le Borussia a été lâché par la banque anglo-américaine Schechter.

Unique point positif dans ce nouveau Titanic, les supporters sont viscéralement accrochés au club. Quel que soit l’adversaire, le stade est rempli avec une moyenne de 78.808 spectateurs. Mais de cela, les détenteurs d’actions du Borussia Dortmund s’en moquent. Jeudi matin, le titre dégringolait de 26,42% à 1,95 euro. Depuis son introduction, il a perdu quelque 80% de sa valeur.