La retraite internationale conjuguée de Didier Deschamps et de Laurent Blanc est plus qu’un événément symbolique. Elle entraîne la fin d’une génération de joueurs qui a donné à la France le palmarès que l’on sait. Aussi, au-delà des éloges mérités mais ô combien banals, il est important de se pencher, sur un plan sportif, sur le départ des deux principaux cadres des Bleus.

Quelles conséquences ?

Aucune, on l’espère. Mais rien n’est moins sûr. La relève est assurée au milieu avec Vieira et derrière avec Leboeuf et Christanval. Mais ces joueurs ne pourront remplacer autrement que poste pour poste les deux retraités. Ils ne compenseront pas les qualités de leaders de Deschamps et de Blanc. Les statistiques le prouvent de façon édifiante : sans ces deux joueurs, l’équipe de France a beaucoup moins bien tourné depuis deux ans. Deschamps a connu une seule déconvenue avec les Bleus : le France-Bulgarie de 1993. Pour Blanc, l’erreur est plus petite encore : la défaite face à la Russie l’année dernière. Les deux hommes ont une telle influence sur le replacement défensif de l’équipe que l’on peut sérieusement s’inquiéter sur la relève à ce niveau.

La rage de vaincre intacte ?

Les deux hommes n’ont pas seulement des qualités tactiques exceptionnelles. Ils ont aussi, et peut-être avant tout, une envie de de gagner hors du commun. Blanc et Deschamps ont connu des hauts et des bas au cours de leurs carrières. Ils n’ont pas toujours été considérés comme des titulaires indiscutables chez les Bleus. Et ils sont les derniers représentants de la génération déçue née après la défaite en demi-finale de la Coupe du monde 1986. La génération triomphante des Anelka, Henry et Trézeguet aura-t-elle aussi faim que celle des Blanc et Deschamps pour aller chercher la Coupe du monde 2002 ? Là encore, rien n’est moins sûr.

A défaut de dépeindre une vision pessimiste de l’avenir, il est sans doute bon de prévénir, plutôt que de guérir. Il y a eu un après Platini-Tigana-Giresse-Fernandez, qui a été plus ou moins bien digéré. Il y aura désormais un après Blanc-Deschamps. Espérons qu’il sera rempli de victoires…