La Fédération chilienne de football (ANFP) a invalidé mardi l’élection de l’homme d’affaires espagnol Jorge Segovia à sa présidence, il y a trois semaines, un revirement qui pourrait ouvrir la porte au retour du sélectionneur Marcelo Bielsa.

Dans un communiqué, le directoire de l’ANFP indique que Segovia, qui est entre autres patron d’une université privée et propriétaire d’un club chilien (Union Espanola), ne peut assumer la présidence, certaines de ses entreprises étant sous contrat avec la Fédération, une situation contraire aux statuts.

La décision, qui contredit un avis récent de la commission juridique de la fédération, plonge le football chilien dans une crise de gouvernance. Segovia, qui dénonce une campagne contre sa personne, entend demander une réunion extraordinaire du Conseil suprême de l’ANFP rassemblant les clubs.

Segovia avait été élu le 4 novembre lors d’un scrutin contesté, devançant l’ancien journaliste Harold Mayne-Nicholls, président depuis quatre ans.

L’entrepreneur espagnol bénéficiait notamment du soutien des gros clubs alléchés par sa proposition d’une nouvelle répartition des droits télévisés plus favorable aux équipes drainant le plus de téléspectateurs.

Bielsa, que Mayne-Nicholls avait fait venir à la tête de la sélection, avait d’avance indiqué qu’il ne travaillerait pas avec Segovia.

Il a dirigé la Roja une dernière fois pour une victoire en match amical contre l’Uruguay (2-0) mercredi dernier.

Bielsa est adulé au Chili pour avoir redoré le blason de la sélection, qu’il a menée au Mondial-2010, 12 ans après sa dernière participation à une phase finale en 1998. Des centaines de supporteurs, refusant son départ, étaient venus en tee-shirts noirs au dernier match contre l’Uruguay.