La Fédération internationale de lutte (Fila) teste pour la première fois à Budapest, à l’occasion des Mondiaux, ses nouvelles règles résolument tournées vers l’offensive, adoptées dans l’urgence en mai alors que cette discipline était menacée de disparaître du programme des JO en 2020.

Poussée en février 2013 à la porte des JO de 2020, la lutte a opéré une métamorphose salutaire qui lui a permis de convaincre début septembre le Comité international olympique de le réintégrer au programme des Jeux plutôt que de faire entrer un nouveau sport.

Plusieurs points du réglement, qui rendaient cette discipline difficilement compréhensible pour le grand public et favorisaient la passivité des lutteurs, ont été modifiés pour la rendre plus attractive.

Résolument, c’est un réglement qui favorise les lutteurs offensifs et qui pénalise très vite le lutteur qui n’engage pas le combat, résume à l’AFP le directeur technique national français, Michel Lafon.

Un combat de lutte, qui se déroulait jusqu’à présent au meilleur de trois manches de deux minutes, est repassé à un pointage cumulatif sur deux reprises de trois minutes chacune. A titre de comparaison, c’est un peu comme si le tennis abandonnait les sets, pour ne faire que l’addition des points marqués sur une durée précise.

Les nouvelles règles donnent la prime aux actions offensives, mieux récompensées, et le combat peut être arrêté par l’arbitre lorsque l’écart est supérieur à sept points.

La passivité des lutteurs peut, elle, être sanctionnée plus facilement, obligeant un lutteur en position d’attente à passer à l’attaque.

Les lutteurs avaient plus tendance à s’économiser en première manche. Aujourd’hui, il y a un engagement beaucoup plus fort pour aller chercher la victoire totale, le plus vite possible, note ainsi le DTN français.

Deux fois plus de points marqués

Pour le sport en général, c’est mieux, car c’est beaucoup plus actif. La lutte est plus attractive debout. Avant, les lutteurs attendaient plus les passages au sol et étaient passifs debout, remarque le Français Steeve Guenot, champion olympique à Pékin en 2008 et médaillé de bronze à Londres en 2012.

Plutôt à l’aise sur les passages au sol, la figure de proue de la lutte française n’a pu pour le moment tester la nouvelle réglementation que lors d’un seul combat, mais il avoue que ça change quand même ma lutte.

Notre réglement a changé maintes et maintes fois. Je m’étais bien fait à l’ancien. Il faut encore et encore changer son style de jeu. Après, il faut s’adapter.

Avec ces règles, on a deux fois plus de points marqués et beaucoup plus de combats se terminent avant la fin du temps réglementaire. Cela montre qu’il y a beaucoup plus d’actions. Les spectateurs sont plus passionnés par ce qui se passe, car il y a de l’action, explique encore Michel Lafon.

La cible de la Fila était en effet le public de non-initiés souvent perdu avec l’ancien réglement. Du point de vue lisibilité pour le spectateur, il y a un gros pas en avant de réalisé, poursuit-il.

Ces changements réglementaires ne sont toutefois pas les seuls qui ont permis à la lutte de rester olympique, selon Michel Lafon, qui met en avant un problème de gouvernance de la Fédération internationale.

Elle avait peut-être un peu trop d’assurance sur son statut de discipline olympique et n’a pas justement mis en place ces échanges réguliers avec le CIO, pour évoluer et être à l’écoute des demandes.