Jean Todt, 67 ans, a été réélu vendredi à Paris à la présidence de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), lors d’une élection pour laquelle il n’avait pas d’adversaire.

Jean Todt a été réélu à l’unanimité des membres présents à l’assemblée générale et à l’issue d’un vote à main levée à la demande de la salle, selon l’expression consacrée. A la différence de 2009, quand Todt avait été élu avec 135 voix contre 49 pour le Finlandais Ari Vatanen, ex-champion du monde des rallyes, le Français n’avait aucun adversaire cette fois. Le Britannique David Ward, 56 ans, qui dirigeait depuis 12 ans la Fondation FIA, avait retiré sa candidature mi-novembre en critiquant le mode de gouvernance de la FIA. Quand on se présente à une élection et qu’on recueille un tel niveau de soutien, c’est toujours très plaisant, a déclaré l Todt à sa sortie. Pendant ce premier mandat, riche en changements, nous avons modifié la gouvernance de la FIA, a souligné Todt. Il a expliqué que ce ne serait pas à lui de proposer des changements ultérieurs du mode de scrutin.

Todt, ex-copilote de rallye (de 1966 à 1981) puis dirigeant de Peugeot Sport (1982-1993) et de la Scuderia Ferrari en Formule 1 (1993-2007), à l’époque de Michael Schumacher, a axé l’essentiel de son premier mandat sur une vaste campagne pour la sécurité routière et la mobilité durable. Il a aussi contribué à relancer le Championnat du monde d’endurance (WEC) et a soutenu le projet d’un championnat de Formule E, disputé par des monoplaces 100% électriques, qui verra le jour en septembre 2014. Son année 2014 sera très chargée avec un nouveau règlement en F1, de nouveaux moteurs V6 turbo hybrides, et le lancement aussi, en septembre, du championnat de Formule E. Je suis surpris de l’intérêt suscité par la Formule E, mais je suis aussi un peu inquiet: quand les attentes sont élevées, il ne faut surtout pas décevoir, a confié M. Todt. Il n’exclut pas que pendant l’hiver 2014-2015 des pilotes de F1 en activité, mais en vacances, viennent participer à une ou deux courses de Formule E.
Développer le sport auto à la base

Comment pouvez-vous résumer votre premier mandat ?
C’était un premier mandat riche en changements, avec une révision totale de nos statuts, la modernisation de notre fonctionnement, une nouvelle gouvernance, la signature d’un nouvel Accord Concorde, l’arrivée du championnat de Formule Electrique et beaucoup d’actions dans le domaine de la mobilité durable et de la sécurité routière.

Qu’est-ce qui a été déterminant dans cette réélection ?
Il n’y a rien de déterminant, c’est toujours un ensemble de choses, et quand on est engagé il faut croire en ce qu’on fait. La sécurité routière, nous n’avons pas improvisé cela pour gagner trois voix. Nous devons tenir compte de l’évolution de la société. Le monde change et une grande attention doit être portée au respect de l’environnement. Notre organisation doit être un exemple, en tant que régulateur et législateur du sport automobile mondial. Nous avons aussi une responsabilité par rapport à l’automobiliste de tous les jours, donc il y a une synergie entre nos deux départements (ndlr: Sport et Mobilité Durable).

Quels sont les objectifs les plus importants de votre 2e mandat ?
Tout est important, mais si vous insistez je vous dirai que le plus grand défi c’est de développer le sport automobile à la base, car ça n’intéresse personne. Nous sommes une pyramide, tout le monde s’intéresse à la F1, mais il faut respecter toutes les catégories, dans tous les pays. Nous devons nous concentrer sur le problème des coûts à tous les niveaux du sport automobile, pas seulement en F1. C’est un vaste projet mais nous sommes motivés et nous allons continuer à avancer.

Vous attendiez-vous à l’intérêt suscité par la Formule Electrique ?
Je suis surpris, c’est prometteur, et j’ai hâte d’assister aux courses dans les grandes villes. Mais je suis aussi un peu inquiet, car quand les attentes sont trop élevées il peut y avoir de la déception, donc je reste prudent.