Pour prévenir les accidents, et notamment les blessures aux genoux, la Fédération internationale (Fis) veut ralentir les skis de géant et de descente à compter de la Coupe du monde 2012-2013 de ski alpin, malgré l’opposition des pilotes et des équipementiers.

Face à l’inflation galopante des ligaments déchirés -leur nombre a doublé entre 1993 et 2011- la Fis a impliqué dans les études les experts de plusieurs universités, dont celle de Salzbourg (Autriche) sous la direction du professeur Erich Müller.

Les opposants accusent la Fis d’avoir ciblé un seul responsable, le ski parabolique, dont il faut réduire l’agressivité. Le fantasque Américain Bode Miller, un des plus actifs dans la contestation, estime qu’on peut réduire drastiquement les chutes et blessures en dessinant des parcours différents, sans toucher au matériel.

D’autres mettent en cause la qualité de la neige et les profils, facteurs sur lesquels l’homme a moins de pouvoir que sur les skis. Or, les carving actuels, extrêmement taillés, ont des rayons de courbe réduits, ce qui leur donne des accélérations brutales en virages.

Taille et rayon

Pour abaisser la vitesse, il faut donc allonger les skis (en géant de 1m85 à un projet de 1m95 côté masculin, de 1m80 à 1m88 pour les skieuses) et ainsi augmenter le rayon de courbe, qui passera de 27 à 35 m pour les messieurs et de 23 à 30 m pour les dames, toujours en se référant au slalom géant, la discipline-école.

Acteur du Grand cirque blanc pendant deux décennies, Marco Büchel est passé derrière le rideau depuis deux ans. Appartenant au groupe de travail matériel et sécurité de la FIS, Büchi a connu les anciennes spatules et, à partir de 1999-2000 les nouvelles, c’est-à-dire celles auxquelles s’accrochent les cadors des pistes, tels l’Américain Ted Ligety et le Norvégien Aksel-Lund Svindal.

Cela va être difficle de s’adapter pour eux, qui n’ont connu que les skis actuels. L’athlète devra travailler un peu plus (en virage, ndlr) avec des problèmes pour finir la courbe, estime Büchel. Mais le Liechtensteinois met surtout la polémique sur le compte de l’émotionnel. Et d’ajouter: Ils ont peur du changement. Ils sont tellement rapides avec le matériel actuel.

Dans ce différend entre Modernes et Anciens, l’Autrichien Benjamin Raich se range résolument dans le camp des seconds. Je maintiens ma position. C’est la bonne décision à prendre pour la sécurité. Avec le temps, de plus en plus d’athlètes se rendent compte de l’utilité de cette mesure, souligne Benni Raich, victime d’une déchirure des ligaments croisés du genou gauche en février dernier.

Vendredi à Sölden, à la veille de l’ouverture de la Coupe du monde 2011-2012, la FIS avait convié les athlètes à un échange. Chacun est resté sur ses positions. La Fédération internationale émettra ses directives en mars 2012.