Elham Seyed Javad, 27 ans, commercialise le hidjab sportif pour répondre à la demande des jeunes femmes musulmanes pratiquantes désireuses de faire du sport. Le hidjab cache les cheveux, les oreilles et le cou, ne laissant voir que l’ovale du visage.
La société de la Québécoise d’origine iranienne, ÏQO Design, est maintenant sur les rangs pour obtenir un juteux contrat du gouvernement iranien, dont l’équipe de football féminine a de fortes chances de se qualifier pour les prochains Jeux Olympiques.
Le déclic remonte à 2007. Lorsque de jeunes musulmanes de Montréal sont exclues des tournois de taekwondo à cause de leur voile, jugé dangereux par la fédération. Etudiante en design à l’Université de Montréal, la Québécoise, pour son projet d’études, imagine le ResportOn (contraction de refaire du sport, dans le respect), un t-shirt à cagoule pratique à enfiler, en tissu extensible. AL’entreprise Univalor, chargée de promouvoir les travaux des chercheurs, prépare un brevet, déposé depuis au Canada et aux Etats-Unis. Fait de cool max, une maille aérée qui favorise l’évacuation de l’humidité, le vêtement s’enfile comme une cagoule, mais se ferme à l’arrière.
Univalor voit déjà plus loin, au-delà du créneau islamique. On a regardé évidemment le premier marché, qui était le sport pour les jeunes filles musulmanes, mais également d’autres : la F1, le sport automobile, le karting, les hôpitaux, les salles opératoires, dit le directeur de projet Thomas Martinuzzo. L’invention ne séduit pas que les athlètes. Dûment adapté, le vêtement est porté depuis ce printemps, à titre d’essai, par une officière de la police australienne. Des contacts sont en cours avec un hôpital et avec des coureurs automobiles.
Pour l’instant, le ResportOn est vendu 44 euros, uniquement sur internet. Les premières ventes ont été réalisées en novembre 2010.



