Pas de miracle, le couperet est tombé pour la petite écurie Française. Prost Grand Prix a été mise en liquidation par le tribunal de commerce de Versailles.

On a beau dire tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, la survie de Prost Grand Prix passait par un miracle. Mais ce miracle n’a pas eu lieu.

Les garanties financières n’étant pas suffisantes pour la reprise de l’écurie française, le tribunal de commerces de Versailles n’a pas eu d’autres choix que de prononcer la liquidation pure et simple de Prost Grand Prix.

Une histoire qui se termine en queue de poisson alors qu’Alain Prost rêvait de titres mondiaux. Lorsqu’il arrête sa carrière de pilote, tout le monde attend qu’il monte son écurie. Recordman des victoires en Grand Prix (jusqu’en 2001), quadruple champion du monde des pilotes, le Professeur ne pouvait que réussir. Après un premier contre-temps (Prost n’arrive pas à obtenir de la part de Renault la fourniture des moteurs), il rachète l’écurie Ligier (pour 8 millions d’euros). Partenaires financiers, sponsors, public, tout le monde répond présent. Après avoir débuté avec une propulsion Mugen-Honda, il décroche le moteur Peugeot. Le début d’un immense gâchis. Malgré un budget de prince (près de 60,98 millions d’euros par saison), les Bleus ne sont pas au niveau des rois de la F1, McLaren ou Ferrari (entre 152 et 300 millions d’euros de budget).

Peugeot/Prost, l’association fait des vagues. La voiture, les pilotes, le staff, rien ne fonctionne. Publiquement, Alain Prost critique les performances du moteur de la marque au lion. On ne le sait pas encore mais l’écurie Prost Grand Prix vient de mourir. Jean-Martin Folz prend la tête de Peugeot à la place de Jacques Calvet. Il n’apprécie pas qu’on remette en cause la qualité de ses moteurs. Pour Peugeot, il est temps de passer à autre chose. La firme de Sochaux ira au bout de son contrat (trois ans) mais prépare déjà son retour en rallye. Sans résultat (Prost Grand Prix termine bon dernier du championnat 2000 avec 0 point), les sponsors se détournent de l’écurie. Tour à tour, la Seita (le plus important partenaire avec une enveloppe de 23 millions d’euros), Bic, Sodexho, Agfa et Canal Plus tournent le dos à l’écurie bleue. Alors qu’il disposait d’un moteur gratuit jusqu’en 2000, Alain Prost va devoir payer pour obtenir un moteur client. Faisant jouer de ses relations, Alain Prost décroche le moteur Ferrari. Un joli coup, mais qui a un prix : 30 millions d’euros ! Prost veut le meilleur pour rester compétitif. Les résultats vont s’améliorer mais les finances ont pris un coup. Les dissensions apparues au temps de l’association avec Peugeot reviennent sur le devant de la scène. Prost ne sait pas déléguer. Souvent il va au clash (comme avec Jean Alesi). Une méthode qui fonctionnait lorsqu’il était pilote mais qui nuit à son entreprise.

Sans grand constructeur pour l’appuyer, il ne peut s’en sortir. La Formule 1 des Guy Ligier et Ken Tyrrell est morte depuis longtemps. Place aujourd’hui à la bataille des grands constructeurs. Mercedes a choisi McLaren, Ford a opté pour Stewart (devenu Jaguar), BMW s’est associé à Williams, Toyota se lance seul et Renault revient, mais également seul. Il ne reste plus grand monde. Volkswagen ? Courtisé à de multiples reprises, le géant allemand refuse pour le moment de franchir le pas. Sans l’appui d’un grand constructeur, point de salut en F1.

Placée en redressement judiciaire en novembre dernier, l’écurie n’attire pas les repreneurs. La fantomatique piste franco-française rapidement évaporée, il ne restait plus que le projet de mystérieux investisseurs italiens pour sauver l’écurie. Pas suffisant pour le tribunal.

Cinq ans après son lancement, Prost Grand Prix disparaît du paysage avec un passif de 30,5 millions d’euros et laisse plus de 200 salariés au chômage.