On ne prête qu’aux riches. Et Wang Jianlin, 2e fortune de Chine, est immensément riche. Quelques semaines seulement après avoir investi 45 millions d’euros dans la prise de contrôle de 20% du capital de l’Atletico Madrid, on prête au milliardaire chinois l’intention de s’attaquer à beaucoup plus gros. Avec groupe Dalian Wanda, il serait en passe de racheter l’agence de marketing sportif suisse Infront Sport & Media.

Dalian Wanda aurait formulé une offre d’environ 1 milliard de francs suisses, environ 950 millions d’euros, pour le rachat de l’Infront Sports & Media, dirigée par Philippe Blatter, neveu de Sepp Blatter, président de la Fédération internationale de football.

Alors que Dalian Wanda, un des leaders mondiaux des centres commerciaux en superficies détenues, est avant tout un conglomérat, cette acquisition ferait entrer le groupe dans la cour des grands du sport business. Infront va générer plusieurs centaines de millions de revenus rien qu’avec les deux prochaines Coupes du monde de football en 2018 (Russie) et 2022 (Qatar). Son chiffre d’affaires était de 600 millions d’euros en 2010. L’agence est active sur tous les fronts du marketing sportif, avec notamment des activités de sponsoring et de publicité autour de terrains de sport, ou bien le négoce de droits de retransmission. Elle s’occupe aussi des intérêts de plusieurs clubs comme l’AC Milan et l’Inter de Milan en Italie. Elle a encore dans son portefeuille le Marathon de Berlin, la ligue professionnelle chinoise de basket ou encore la Fédération européenne de handball (EHF), sans oublier les sports d’hiver, son pré-carré. En tout, la filiale du fonds Bridgepoint, propriétaire de la société depuis septembre 2011, possède des accords avec 130 détenteurs de droits.

Cet intérêt de Wang Jianlin pour le sport a plusieurs origines. On a peine à le croire en Europe, mais la croissance ralentit en Chine. Le spectre d’une bulle immobilière se propage. Le milliardaire cherche à se diversifier, voire même à transformer son groupe. Il n’est pas le seul dans ce cas. Les investissements chinois à l’étranger ont dépassé pour la première fois les 100 milliards de francs en 2014 (103 milliards). Ils devraient bientôt surpasser la totalité des investissements étrangers… en Chine.

La Chine, qui investit toujours plus hors de ses frontières, a passé un cap symbolique l’an dernier avec quelque 103 milliards de francs engagés à l’étranger, de source officielle. Cette tendance de fond est due en priorité aux sociétés d’Etat qui ont investi massivement dans le monde pour garantir la sécurité énergétique et la sécurité alimentaire du pays.

Les investisseurs privés ne sont pas les seuls à chercher à s’internationaliser. Les investissements chinois sont aussi le fait de sociétés d’Etat. Ils portent avant tout sur les matières premières (dans le domaine agricole et le secteur minier pour garantir la sécurité alimentaire et énergétique du pays). Plusieurs clubs français, comme à Sochaux, seraient prêt à accueillir à bras ouverts ses investisseurs, mais le marché français n’est pas le plus facile à aborder. La non-propriété des stades est en train de devenir un boulet pour la majorité des formations françaises contraintes d’assister, impuissantes, à une montée des capitaux asiatiques en Europe, mais hors de France.