La F1 sied à Monaco, et Monaco aime sa Formule 1 ; des yachts rutilants aux hôtels prestigieux, le Grand Prix, qui se tiendra dimanche dans les rues de la Principauté, donne un éclat tout particulier au Rocher, qui le lui rend bien.

Pour nous, c’est l’évènement avec un grand E, un évènement phénoménal qui est devenu l’emblème de Monaco, affirme d’emblée Michel Bouquier, le délégué général au tourisme de Monaco, à l’AFP. Partout où vous allez, si vous parlez de Monaco, on vous répond GP.

Le responsable monégasque, quand il s’agit de Formule 1, n’est pas avare de superlatifs. Sans verser dans le cliché, la course a un retentissement mondial, un rayonnement incroyable, constate-t-il.

Et de citer les 200.000 personnes présentes en Principauté durant les quatre jours que dure la manifestation. Ou encore les 3.000 personnes mobilisées pour l’occasion, les 32.000 places payantes par jour, quand le cailloux compte à peine 36.000 habitants.

Accueillir la F1, au niveau financier, n’est évidemment pas neutre. Monaco débourse environ 30 millions d’euros par an pour son Grand Prix. Pour des retombées sur l’économie locale évaluées à 70 millions d’euros, quand billetterie et publicité en rapportent 20.

Mais le meilleur reste à venir. Le jour de la course, 80 chaînes de télévision couvrant 65 pays sont présentes. Elles permettent de réunir 800 à 900 millions de téléspectateurs à qui il est donné de voir une Principauté métamorphosée, se félicite, gourmand, Michel Bouquier.

Le petit port vit une transhumance forcée. Les yachts des habitués désertent les quais, remplacés par des bateaux impressionnants – souvent immatriculés à Georgetown, dans les îles Caïmans -, de plus ou moins bon goût, l’un d’entre eux n’arborant pas un peinture couleur panthère cette année ?

Jet-set

Les places reviennent en priorité aux écuries, aux sponsors et aux pilotes. Cela représente la moitié des navires. Pour le reste, les plaisanciers sont des gens fortunés, observe Daniel Realini, le directeur du port.

L’offre étant très fortement inférieure à la demande, les prix s’envolent : environ 1.000 euros la semaine par mètre de bateau, quand la coquille de noix de Vijay Mallya, le propriétaire de Force India, mesure 96 mètres… C’est une bonne affaire. On ne s’en cache pas, sourit M. Realini.

Bonnes affaires aussi pour les loueurs de terrasses monégasques. Un grand balcon au 8e étage pouvant accueillir 14 personnes et donnant sur la ligne de départ coûte ainsi 35.000 euros. Il faudra s’acquitter de plus du quadruple pour un toit pouvant héberger 65 convives à Sainte-Dévote.

Les hôtels sont au diapason, même s’ils rechignent à communiquer. Généralement, le coût des nuitées triple, voire quadruple, quand la F1 entre dans les murs d’une ville, quel que soit le pays concerné. A Monaco, vu les prix déjà élevés des palaces, les sommes engendrées font office de pactole.

Et quand la nuit pointe, la petite bourgade-Etat, aux habitudes tranquilles, devient le lieu où il faut être vu. Les stars hollywoodiennes côtoient les sportifs en vue. La Jet-set mondiale tient salon à Monaco.

Vendredi, une soirée, appelée Amber Lounge, accueillera ainsi les acteurs Jamie Foxx et Colin Farrell, un chanteur des Simply Reds, des ex-sportifs, tels Michael Johnson et Boris Becker, tandis que dix pilotes de F1 défileront sur un podium. Le ticket d’entrée est de 500 euros… cette fois-ci reversés à une bonne cause.