Le Club des villes et territoires cyclables (CVTC), dans le cadre de l’Observatoire des mobilités actives, dévoile les résultats de son enquête nationale « Les politiques en faveur des cyclistes et des piétons dans les villes françaises ». Plusieurs indicateurs des politiques cyclables sont au vert. Ils font apparaître un ancrage de plus en plus marqué des politiques, budgets et aménagements favorables à la pratique du vélo.

Cette enquête est réalisée tous les trois ans auprès des collectivités adhérentes du CVTC. Elle a été renseignée par une soixantaine de communes et groupements de communes. Les résultats de l’enquête 2015-16 donnent une photographie des politiques en faveur des cyclistes et des piétons à mi-mandat municipal et dressent un point d’étape des avancées et des efforts à poursuivre pour atteindre les objectifs fixés au début de la mandature 2014-2020, indique le Club des villes et territoires cyclables (1.500 collectivités adhérentes: villes, agglomérations, départements et régions). Ainsi, la croissance de la part de voirie aménagée pour les cyclistes est en progression sensible. Dans des agglomérations comme Grenoble (Isère), ces aménagements ont été tirés en avant par la logique de généralisation du 30 km/h à l’échelle métropolitaine. Dans les communes, la tendance est positive mais moins marquée. La progression des double-sens cyclables est aussi nette. A Caen par exemple, le nombre de ces aménagements (marquage au sol, panneaux) a triplé en trois ans. D’autres « outils » comme le cédez-le-passage cycliste au feu font leur apparition.

Même si le poids des arceaux parmi les solutions de stationnement proposées par les collectivités reste écrasant, une diversification se confirme avec plus de stationnements par exemple dans les gares. Améliorer le stationnement a d’autres vertus : il assure des retombées positives pour développer le cyclotourisme, qui représente un enjeu économique. En résumé : pas de politique cyclable efficace sans un bon stationnement des vélos !

D’autres enseignements sont à tirer de l’étude. Il y a des marges de progression dans certains domaines. Par exemple pour développer les offres de services autour du vélo. Notamment dans le cadre des plans de déplacements d’administration (PDA). La réalisation d’un PDA est effective dans près de 70 % des collectivités sondées. Celles de moins de 50.000 habitants ont du retard. La mise à disposition de vélos pour des agents, même si elle progresse, reste aussi peu répandue.

Par ailleurs, même si les outils de planification en faveur des cyclistes se développent, en particulier les schémas directeurs ou chartes d’aménagements cyclables, il reste du chemin à faire pour mieux évaluer les retombées des politiques cyclables et renforcer l’information et la concertation des usagers. Selon l’étude, cette pratique semble régresser dans les grandes collectivités. Hormis dans les grandes collectivités (plus de 250.000 habitants), la mise en place d’observatoires locaux d’évaluation de la politique cyclable est grippée. Le CVTC prépare un index national de la fréquentation des aménagements cyclables. Il devrait être prêt en juillet.
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Le Club des villes et territoires cyclables avance 40 propositions pour définir et adopter une stratégie nationale pour le vélo et les mobilités actives. Il propose de prioriser des mesures qui, au niveau de l’État, auront un impact important en ce qu’elles viennent renforcer l’action des collectivités locales (lesquelles assurent déjà plus de 90% de l’investissement public en faveur du vélo) et les dynamiques de changement de comportement de mobilité, de loisirs et de consommation des Français. La politique actuelle avec le Plan national d’action pour les mobilités actives depuis 2014 est un bon début mais ne constitue pas une véritable stratégie nationale, estime le CVTC. Parmi les mesures proposées, l’affectation de 10% du budget des routes nationales et autoroutes au maillage vélo et à la résorption des grandes coupures est avancée. Le lancement d’un appel à projets national dédié aux mobilités actives afin d’accompagner les collectivités locales et de mettre en lumière des réalisations exemplaires est également préconisé.