A trois semaines de la fin de la saison en NBA et à quatre mois des Jeux olympiques de Londres, Sport.fr se risque à un détail poste par poste des meilleurs joueurs de l’histoire. Une sorte de super top ten intemporel qui ne pourra laisser personne insensible. Aujourd’hui, les ailiers forts. En photo, le légendaire Charles Barkley.

Qu’elle est la véritable différence entre un ailier fort et un pivot. Elle est énorme puisque le pivot (N°5) construit le plus souvent ses actions dos au panier, alors que l’ailier-fort (N°4) « travail » plutôt face au cercle ! À l’inverse des années 90, les dix dernières saisons ont vu l’apparition au sein des principales équipes du haut du tableau d’ailiers forts dotés d’une technique extraordinaire, capables pour leur part d’attaquer le cercle des deux manières. C’est simple, toutes les franchises qui se sont emparées du trophée O’Brien depuis l’arrêt de la carrière d’un certain Michael Jordan compté dans leur rang un numéro quatre d’envergure all star. Plus complets, plus rapides, capables très souvent d’évoluer à plusieurs postes, les plus grands ailiers-forts de la NBA sont incontournables dans l’optique de l’obtention d’un titre. Quand on pense ailiers forts, de suite, une quinzaine de noms viennent à l’esprit : Charles Barkley, Dennis Rodman, Tim Duncan, Kevin Garnett, Dirk Nowitzki, Shaw Kemp, Karl Malone, Pau Gasol, Zack Randolph, Amar é Stoudemire, Chris Bosh, David West, Carlos Boozer, LaMarcus Aldridge, Rasheed Wallace et Rashard Lewis. À l’instar des pivots, il existe deux profils d’ailier fort. Premièrement, ceux qui se sont spécialisés en défense comme Dennis Rodman. Secondement (la majorité !), sont aussi efficace des deux côtés du terrain. Même si tous les joueurs cités un peu plus haut sont de formidables compétiteurs, cinq d’entre eux étaient ou sont techniquement et physiquement supérieurs à leurs confrères : Barkley, Malone, Garnett, Rodman, Nowitzki et Duncan.

« The Big Fundamental »

Ce qui est intéressant pour l’occasion est qu’au contraire du poste de pivot, les meilleurs ailiers-forts de l’histoire du jeu ont tous joué à peu près dans la même période. Il sera donc aisé de les départager. Dans le dessein de procéder par étape, il n’est pas inintéressant de commencer par regarder leur palmarès. À ce petit jeu, Tim Duncan (25/04/1976, 2.11m, 116 kg, de son vrai nom Timothy Theodore Duncan) remporte très aisément la mise. « The Big Fundamental » comme le surnommegentiment Shaquille O’Neal a remporté en 15 saisons sous le maillot des San Antonio Spurs, la bagatelle de quatre bagues (1999, 2003, 2005 et 2007). Rookie of the Year en 1998, Most Valuable Player en 2002 et 2003, MVP des Finales en 1999, 2003 et 2005, 13 fois sélectionné au All Star Game, All-NBA First Team (première équipe All Star) en 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2007, , NBA All-Defensive First Team (première équipe défensive) en 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2005, 2007 et 2008. Joueur ayant pris le plus de rebonds en 2002 (1042) ainsi que de rebonds défensifs lors de la saison en 2002 (774), Tim Duncan a tout simplement été désigné comme le 8e meilleur joueur de l’histoire du basketball international par le très reconnu magazine Slam en 2010 avec des statistiques globales en carrière de 20.3 P/M, 11.3 R/M, 2.57 C/M pour un pourcentage de 50.7 % en 35.4 minutes de temps de jeu moyen pour 1108 matchs. Outre son palmarès en NBA aussi long que sont ses interminables bras, l’homme natif des îles Vierges compte également une médaille de bonze aux jeux d’été de 2004. Produisant à l’heure actuelle une de ces meilleures saisons depuis l’obtention de son dernier titre en 2005 avec une moyenne arrêtée au 21 avril de 15.4 P/M, 9 R/M, 1.47 C/M, 2.43 A/M à 47.8 % au tir en 28 minutes de temps de jeu moyen, le numéro 4 des Texans demeure toujours une arme de tout premier ordre au sein de la raquette des Spurs et sera sûrement en cas de victoire finale en cette saison 2012, un de ses artisans.

« Le joueur du nouveau millénaire »

« C’est une évidence ! Dans quelques années, Kevin Garnett sera tout bonnement incontrôlable, et cela aux quatre coins du parquet ! Mon opinion est définitive, ce joueur représente le nouveau millénaire et son talent sera reconnu à travers les âges pour l’éternité ! » Cet avis qui fait office de véritable déclaration d’ « amour » n’est ni de Michael Jordan ni d’aucun grand entraîneur, mais de son tout premier compagnon de route aux Timberwolves de Minnesota, le meneur double All Star, Stephon Marbury. Nous sommes à l’orée de la saison 1995/95 et les fans des Wolves vont faire la connaissance d’un homme qui va leur permettre de voir enfin la vie en rose et cela durant 12 saisons. Premier joueur de l’ère « open » à être drafté juste à sa sortie du lycée en cinquième position, Kevin Garnett (de son vrai nom Kevin Maurice Garnett) ne ressemble à aucun autre ailier fort ayant un jour foulé les parquets de la ligue Nord américaine de basket. Grand (2.16m), filiforme (109 kg), « The Big Ticket » possède un physique quasi surnaturel et des capacités techniques très au-dessus de la moyenne. Kevin Garnett ne présente aucune faiblesse technique et peut effectivement évoluer aux quatre coins du parquet. Champion en 2008 avec les Celtics de Boston, finaliste en 2010 contre les Lakers de Los Angeles, MVP en 2004 (24.2 P/M, 14 R/M, 2.2 C/M à 50 % aux tirs en 40 minutes de temps de jeu), médaille d’or aux Jeux olympiques de 2000 contre la France, 14 fois All Star, meilleur défenseur de l’année en 2008, sélectionné cinq fois dans la première équipe de ligue (2000, 2003, 2004 et 2008) et dans le meilleur cinq défensif à neuf reprises (2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2008, 2009 et 2011), ses statistiques moyennes sur l’ensemble de sa prodigieuse carrière donnent le tournis à tous ses confrères: 19.4 P/M, 10.6 R/M, 1.5 C/M, 4 PASS/M, 87 % LF/G en 36.5 minutes de temps de jeu moyen le tout en 1 254 matchs de saison régulière. Outre un jeu face au panier de tout premier ordre et un panel défensif à faire pleurer les meilleurs spécialistes de l’exercice, Kevin Garnett détient ce petit plus qui a toujours fait la différence tout au long de son interminable carrière, un mental hors norme. Parfois autoritaire, souvent chambreur, Kevin Garnett est un véritable ovni dans l’univers assez feutré de la NBA. Peu apprécié par ses adversaires pour ses nombreux manques d’humilité, l’homme originaire de Greenville en Caroline du Nord est néanmoins à ses heures perdues un grand homme de cœur. Récompensé en 2006 par le très prestigieux trophée J. Walter Kennedy Citizenship Award pour ses nombreuses actions envers les victimes de l’ouragan Katrina, Kevin Garnett espère en cette fin de saison régulière décrocher un second sacre entouré de son « Big Three » à lui : Paul Pierce, Radja Rondon et Ray Allen. Physiquement plus fort qu’en début de saison, débarrassé de quelques blessures, son niveau de jeu actuel est meilleur que celui des deux dernières saisons. Même si ses jambes commencent à supporter le poids des âges, il sera à l’instar de Tim Duncan, capital pour Boston dans l’hypothétique obtention d’un 18e titre.

Son mode de vie, creuser des trous pour prendre des rebonds!

Cela a été dit un peu plus haut, il existe deux catégories d’ailier fort ! Mais, « le personnage » qui suit ne ressemble à aucun autre que cela soit tant sur le plan de la technique, du jeu ou du charisme. Considéré à juste titre comme l’un des meilleurs défenseurs et surtout rebondeur de tous les temps, Dennis Rodman (2,02m, 100 kg) été un véritable OVNI du temps où il jouait en NBA que cela soit du côté des Pistons de Detroit, des Spurs de San Antonio ou des Bulls de Chicago. Avec cinq titres NBA en poche (deux avec Detroit et cinq avec les Bulls), The Worm, Demolition Man, Rodzilla ou au choix Dennis la Menace, compte l’un des palmarès les plus fournis de l’histoire de la NBA. À l’inverse de ses deux précèdent confrères, le natif de Trenton dans le New Jersey, a très vite compris qu’il ne pourrait pas uniquement compter que sur ses qualités offensives (alors qu’il tournait tout de même à 24 points et 17 rebonds lors de sa dernière année universitaire), pour briller au plus haut niveau. Intelligemment, l’ex-mari de la bimbo Carmen Electra, a donc décidé de changer son fusil d’épaule pour se concentrer exclusivement sur la défense et plus particulièrement sur un aspect bien spécifique du jeu, le rebond. Résultat, l’ancien adversaire de Jean-Claude Van Damme dans le très kitch et non moins navet, Double Team, est considéré toujours à l’heure actuelle comme le meilleur rebondeur de tous les temps devant l’illustre Wilt Chamberlain. Son secret, une condition physique hors norme, un sens du placement sous les paniers détonnant (à ce niveau, on peut même parler de don!) et un travail au quotidien comme analyser au plus près chaque type de shoot adverse afin de déterminer très minutieusement où ce dernier retombera en cas de tir raté. Par exemple, il est reconnu qu’à l’inverse d’un Patrick Ewing ou d’un David Robinson, Michael Jordan avait un shoot extrêmement plat qui rebondissait loin du cercle quand ce dernier manquait sa cible. Dennis Rodman n’hésitait donc pas à se placer sur leur terrain en fonction de l’adversaire qui tirait. De plus, il prenait note des indications sur la conception des cercles de chaque salle afin de déterminer leurs rigidités au shoot. Ce détail du détail a conduit le 27e choix de la draft de 1986 à être nommé deux fois meilleur défenseur de l’année (1990 et 1991) et devenir le seul joueur de l’histoire du basket international a enchaîner 7 titres consécutifs de meilleur rebondeur (de 1992 à 1998). Au final, Dennis Rodman a pris en 911 matchs la bagatelle de 11 954 rebonds soit une moyenne hallucinante de 13,12 rebonds en 14 saisons (avec un record en carrière de 34 rebonds sur un match). Plus fort, le numéro 91 des Spurs de San Antonio a été le plus vieux joueur à avoir été meilleur rebondeur sur une saison : 36 ans et 341 jours au terme de l’exercice 1997/1998 avec une moyenne de 15 rebonds en seulement 36 minutes de temps de jeu moyen. Désigné dans la première équipe défensive à 7 reprises (1989/1996), sélectionné deux fois (seulement!!!) en tant que All Star (1990 et 1992). Élu parmi les 50 meilleurs joueurs de la NBA par le magazine SLAM ainsi qu’au Naismith Memorial Hall Of Fame en 2011, il détient encore à l’heure actuelle deux records extraordinaires. Le plus grand nombre de rebonds offensifs pris dans un match de saison régulière : 18, le 4 mars 1992 et le plus grand nombre de rebonds offensifs en un match des Finales: 11 contre les Seattle Super Sonics, le 7 juin 1996 et le 16 juin 1996. Avec ses coupes excentriques, son talent de show man, son mental de gagneur et ses extraordinaires capacités physiques, Dennis Rodman demeure à ce jour l’un des joueurs les plus atypiques et extraordinaire de l’histoire du jeu. Une sorte de génie « fou » capable de claquer 200 000 $ au Mirage un jeudi soir et de prendre 25 rebonds le soir d’après dans la raquette des Magic ou des Spurs. Malheureusement la suite de l’histoire n’est semble t’elle pas aussi flamboyante. Selon les dernières nouvelles en provenance d’outre atlantique, Dennis Rodman serait soit alcoolique, certains le disent même malade, ruiné, dans l’incapacité de régler les 808 935 dollars à son épouse pour l’éducation de ses enfants de 9 et 10 ans, soit aperçu dans une boutique de luxe au MGM Hôtel de Las Vegas claquer 2 000 $ pour un tee-shirt. Difficile donc de se faire une opinion, mais « The Worm » a toujours tout le temps dévoré la vie par les deux bouts. Il ne faudrait pas que cette dernière qui lui a pour le moment tant offert lui échappe des main.

Quand le facteur passe 36 928 fois

On peut être l’une des plus grandes superstars de l’histoire du jeu, demeurer à l’heure actuelle le second meilleur marqueur de tous les temps derrière l’inévitable Kareem Abdul-Jabbar et ne jamais avoir connu l’ivresse ultime. Malgré deux finales en 1998 et 1999, deux titres de MVP en 1997 et 1999, Karl Malone est le seul joueur de l’histoire de la ligue a être nommé onze fois consécutivement dans la All NBA First Team (1989/1999). All Star à 14 reprises, il figure à juste titre dans le classement des cinquante meilleurs joueurs de la NBA. Pourvue d’un physique de culturiste (2,06m, 116 kg), d’épaules de déménageur et d’une technique qui n’a cessé d’évoluer dans le bon sens du terme tout au long de sa carrière, le Mail Man (25 P/M, 10,1 R/M, 0,8 C/M, 3,6 ASS/M, 74,2 % LF/M pour une réussite aux tirs de 50,1 % pour une moyenne de temps de jeu de 37,4 minutes en carrière), a énormément marqué de son empreinte son (long!) passage en NBA. Double médaillé d’or aux Jeux olympiques (1992/1996), pensionnaire à vie de la Dream Team de Barcelone, joueur ayant pris le plus grand nombre de rebonds défensifs en carrière (11406) et réussi le plus grand nombre de lancers francs (9787), il est le 6e meilleur rebondeur de tous les temps (14 968 en 1476 rencontres disputées). Son entente sur et en dehors du parquet John Stockton a émerveillé les amateurs du genre. Au fil du temps, le 13e choix de la draft 1985 est devenu l’un des intérieurs les plus efficaces de tous les temps avec pour point d’ordre un shoot à 4 mètres très sûr. Ses records en carrière le confirment (61 points, 11 rebonds offensifs, 18 défensifs, 23 rebonds, 10 passes décisives, 7 interceptions, 5 contres et 57 minutes jouées), le plus fameux numéro 32 des Jazz était un joueur extraordinaire qui certes n’était pas toujours sur le terrain le plus fair-play d’entres tous, mais qui imposait le respect à tous ses adversaires par son talent et son gabarit démesuré.

Le meilleur shooter du monde

Qui aurait cru que le pensionnaire du modeste club allemand de DJK Würzburg allait devenir le premier MVP européen! Dirk Nowitzki (2,13m, 111 kg, 33 ans), n’aurait jamais dû remporter le titre la saison dernière puisque normalement, il n’aurait jamais dû évoluer en NBA. Durant ses quatre premières saisons professionnelles (1994/1998) au DJK Würzburg, le grand Dirk ne tournait qu’à 7 points de moyenne par match. Même si sa corpulence pouvait paraître intéressante aux yeux des scouts de la NBA ce n’est qu’à l’occasion qu’une compétition junior organisée en 1998 contre les États-Unis ou l’Allemand marque 33 points qu’il est véritablement repéré par les récupérateurs des Mavericks de Dallas. Drafté en 9e position par les Bucks de Milwaukee, il est de suite échangé en direction de la Franchise de Dallas ou l’entraîneur Don Nelson avait également flairé son énorme potentiel. Pourtant, il ne faudra pas moins de trois saisons à l’Allemand pour démontrer à tous les septiques qu’il est une valeur sûre de la Ligue. Depuis ce fait, Dirk Nowitzki a remporté une bague de champion, perdu une finale (contre Miami), conquis un titre de MVP de saison régulière (2007), un titre MVP des Finales (2011), a été sélectionné à quatre reprises dans la All NBA First Team (2005, 2006, 2007 et 2009), cinq fois dans la All NBA second time (2002, 2003,2008, 2010 et 2011), Il a participé 11 fois aux All Star Game (vainqueur du concours à trois points en 2006) et demeure à ce jour le meilleur marqueur de l’équipe des Dallas Mavericks avec 22 792 points. Allier fort plutôt offensif que défensif, Dirk Nowitzki est un talent à part dans l’histoire du basket international. Saison après saison, le numéro 41 texan s’est construit un shoot extraordinaire, et cela quel que soit son emplacement sur le terrain. C’est une certitude, à l’heure actuelle, il possède le meilleur tir de la planète et n’est vraiment pas loin d’être le meilleur dans cet exercice de l’histoire. Son arme fatale, le fadeway jump shoot qu’il arrive à maîtriser à la perfection, surtout qu’il l’exécute le plus souvent sur une jambe, le bassin totalement désaxé. Une merveille technique ! Ses statistiques en carrière le démontrent (22,8 P/M, 8,3 R/M, 2,6 AS/M, 87,6 % aux lancers francs, 38% à trois points, le tout en 1029 matchs de saison régulière à 47,5 % de réussite aux tirs pour une moyenne de 36,3 minutes de temps de jeu moyen), Dirk Nowitzki est sans aucun doute un des cinquante meilleurs joueurs de l’histoire et plus précisément un des meilleurs ailiers forts que le basket ait connu.

Une grande gueule pour un grand talent

Cette liste n’aurait pas été complète sans la présence de Sir Charles, pseudonyme attitré d’un des cinquante meilleurs joueurs de tous les temps, Monsieur Charles Barkley (1,98m, 110 kg dans les bons jours!). Prototype de l’ailier fort en puissance, le plus fameux joueur des Sixers de Philadelphie (en compagnie de Doctor J), a dominé son poste jusqu’à l’émergence de talent comme Kevin Garnett ou Tim Duncan. Rapide, compact, aussi à l’aise face que dos au panier que derrière la ligne à trois points, Charles Barkley est sûrement le Power Forward le plus tonique de l’histoire du jeu. Son palmarès est aussi large qu’était sa grande égueule » avec en autres un titre de MVP de la saison régulière obtenue en 1993, cinq apparitions dans la All First Team (1988, 1989, 1990, 1991 et 1993), 11 sélections au All Star Game, un titre de meilleur rebondeur en 1987 et trois IBM Award conquis en 1986, 1987 et 1988. Médaillé d’or aux Jeux olympiques de 1992 et 1996, sélectionné dans le classement des 50 meilleurs joueurs du monde, Charles Barkley à presque remporté toutes les récompenses personnelles sauf malheureusement pour lui la plus grande, celle de champion NBA. Malgré une Finale perdue en 1993 contre les Bulls de Son Altesse Michael Jordan, et une Finale de Conférence en 1996 alors qu’il évoluait aux côtés d’Hakeem Olajuwon et de Clyde Drexler, Baby TGV comme le surnommait affectueusement ses fans (et ses adversaires!) n’a jamais pu toucher le Graal, mais termine tout de même sa carrière en faisant partie de la liste des cinq joueurs dans l’histoire de NBA qui ont compilé 20 000 points, 10 000 rebonds et 4 000 passes décisives. Ils partagent ce fantastique record en compagnie avec Kareem Abdul-Jabbar, Wilt Chamberlain, Karl Malone et Kevin Garnett. Grand amateur du Trash Talking, commentateur à présent sur la chaîne TNT, Charles Barkley est aussi très reconnu pour ses petites phrases assassines du genre: En quoi Christian Laettner ressemble à Larry Bird? Ils sont tous les deux blancs et pissent debout! What else !

Une nouvelle génération qui doit faire ses preuves

Maintenant que le détail statistique des cinq meilleurs ailiers forts a été réalisé, il est temps de déterminer qui remporte la mise. Il est sûr que si on se décide à comparer que les joueurs présents en se basant uniquement sur le palmarès et sur leurs statistiques, le grand gagnant est de loin le numéro 21 des Spurs, Tim Duncan. Mais, la pièce maîtresse des Spurs de San Antonio est elle pour autant le meilleur numéro 4 de tous les temps. À en croire Shaquille O’Neal qui a rencontré à de très nombreuses reprises tous les protagonistes, la réponse est positive. Je n’ai malheureusement pas joué contre les 100 meilleurs joueurs de basket de la planète, mais j’ai sûrement rencontré 90 d’entre eux! Sans que le doute ne soit permis, le meilleur ailier fort que j’ai pu affronter est Tim Duncan. Il est celui qui dispose de la technique la plus aboutie et des moves les plus complets. Son jeu face au panier ne souffre d’aucune faiblesse, mais il possède également un jeu dos au cercle incontrôlable. Son shoot à quatre mètres est très sûr et sa défense sur l’homme parfaite. De plus, son palmarès parle pour lui. Quatre titres NBA, deux titres de MVP, une constance statistique sur l’ensemble de sa carrière, un comportement sur et en dehors du terrain sans tache…bref…la messe est dite! Faut-il alors croire le gentil géant? Pour une fois, oui! Même si Kevin Garnett, Charles Barkley, Dirk Nowitzki, Karl Malone et Dennis Rodman ont révolutionné à leur manière le poste d’ailier fort, Tim Duncan outre le fait de l’avoir lui également révolutionné l’incarne à la perfection. Conseillé à l’entame de sa carrière par l’un des meilleurs pivots de tous les temps, David Robinson, The Big Fundamental, a éclaboussé de toute sa classe ses 14 saisons NBA. Sa seule petite faiblesse, un pourcentage déficient aux lancers francs avec un maigre 68,6 % en carrière. En revanche, la seconde place est beaucoup plus dure à attribuer, la faute à des participants tous aussi doués les uns que les autres! Pour sa technique imparable, son mental de compétiteurs et son aura, Kevin Garnett double sur le fil Dirk Nowitzki et passe d’une courte tête devant Charles Barkley à égalité avec Karl Malone. Dennis Rodman dû à ses faibles qualités offensives complètes ce top six de rêve, mais dans son registre si particulier est imbattable. La dernière question est de savoir s’il existe de nos jours un homme capable de détrôner ses fantastiques champions. Blake Griffin, LaMarcus Aldrigde, David West, Carlos Boozer, DeAndré Jordan, Zack Randolph, Amar’e Stoudemire, Chris Bosh, Elton Brand et Gerald Wallace entre autre, ont le niveau intrinsèque pour détrôner nos champions ? Pour le moment, seul Amar’e Stoudemire aurait pu avoir une infime chance d’incorporer ce classement. Malheureusement, la faiblesse de son palmarès et son manque d’efficacité haut plus haut niveau sur la durée ne peuvent lui conférer ce droit. Blake Griffin qui représente à lui seule la nouvelle génération de numéro 4 ne dispose pas encore d’une technique assez précise et complète pour espérer un jour devenir le roi des rois. Maintenant, comme le dit si bien le proverbe: Seul l’avenir le dira!

Eric Bourillot