Côté pile, une équipe de France au bilan positif, côté face, une fédération française de ski à la gestion opaque sans cesse contestée.

Le ski français est une sorte d’ovni dans le paysage sportif français. A chaque début de saison, on prédit la fin du règne de Bernard Chevallier à la tête de la Fédération Française de Ski (FFS) et chaque fin de saison, on constate que ce même Bernard Chevallier est toujours là, fidèle au poste.

Contesté, condamné (le président de la FFS a été condamné en appel à un an de prison avec sursis et 7.622 euros d’amende en décembre 2000 pour avoir utilisé l’argent du fonds coureurs pour combler les déficits de trésorerie de la Fédération), Bernard Chevallier résiste à toutes les intempéries.

Il faut dire que si la gestion de la FFS, côté coulisse, est loin d’être un modèle du genre, les résultats obtenus par les équipes de France plaident en la faveur de Bernard Chevallier. Peu de gens le savent, mais depuis son arrivée à la tête de la FFS (en 1987), les différentes équipes de France (ski alpin, ski acrobatique, snowboard, ski nordique) ont ramené 247 podiums des Jeux Olympiques, Championnats du monde et classements finaux des Coupes du monde (46 en alpin, 86 en ski acrobatique, 66 en snowboard, 40 en biathlon, 8 en combiné nordique et 1 en fond) !

Un bilan incroyable que les athlètes savent lui reconnaître. Si, on a du mal à identifier les opposants à Bernard Chevallier, faute d’être structurés, il faut bien admettre qu’il a le plus souvent rallié les suffrages de l’élite.

Reste que les prochaines échéances vont être déterminantes. Année olympique oblige, on ne retiendra que les résultats ramenés de Salt Lake City. S’ils sont au rendez-vous, nul doute que le Patriarche de la FFS sera reconduit dans ses fonctions au printemps prochain. Dans le cas contraire…
Des problèmes budgétaires récurrents

Les problèmes financiers de la FFS ne sont pas nouveaux. En 2000, les dettes de la Fédération s’élevaient à 7,62 millions d’euros.

Afin de garantir la participation française aux prochains Jeux Olympiques comme aux épreuves de Coupe du monde, la FFS a cédé l’an passé et pour six ans la communication et les droits marketing et de télédiffusion à la société italienne Media Partners. En échange, celle-ci s’est engagée à verser à la fédération 13,87 millions d’euros sur la période et à investir 1,83 millions d’euro en communication pour son compte.

Cet accord (2,44 millions d’euros pendant deux années à partir de 2002, puis 2,9 millions les deux suivantes) permet de financer près de la moitié du budget annuel (environ 7,62 millions d’euros) de la FFS. L’autre principale ressource de la Fédération est l’Etat. Cette année, les pouvoirs publics verseront 3,21 millions d’euros (contre 2,74 en année normale).