Les présidents des clubs professionnels, réunis mardi, ont renouvelé leur confiance au président de la Ligue nationale de rugby (LNR), Paul Goze, en conflit avec la Fédération française de rugby (FFR).

Les 29 présidents (seul manquait à l’appel celui de Bourgoin, club de Pro D2) ont souhaité réaffirmer leur soutien et leur confiance à Paul Goze, au directeur général Emmanuel Eschalier et au bureau de la Ligue par 27 voix pour, une contre et une abstention. Le président de Toulon Mourad Boudjellal, qui s’était présenté en octobre contre Paul Goze à la présidence de la LNR, a indiqué à la presse après la réunion avoir été celui qui a voté contre.

Les clubs ont également acté la création d’une cellule de discussion paritaire pour sortir de la crise avec la Fédération, principalement sur la question des contrats fédéraux que souhaite mettre en place, pour une quarantaine d’internationaux, le président de la FFR Bernard Laporte, et auxquels ils sont très majoritairement opposés. Contrat fédéral, ça veut dire quoi ? Si c’est un contrat de travail c’est non, si c’est un contrat de mise à disposition, oui. On a plusieurs choses à clarifier (avec Laporte) a déclaré le président de Clermont Eric de Cromières, l’un des six membres de la délégation de la Ligue si la Fédération acceptait le principe de ladite cellule. Les autres sont Mourad Boudjellal – président de Bernard Laporte lorsqu’il entraînait Toulon – René Bouscatel (Toulouse), Vincent Merling (La Rochelle), Pierre-Yves Revol (Castres) et Alain Tingaud (Agen/Pro D2).

Si elle refuse le principe des contrats fédéraux, la Ligue a d’ores et déjà formulé trois propositions à la Fédération pour tenter de sortir de l’ornière. D’une part un élargissement de 30 à 45 joueurs de l’actuelle Liste Elite, à laquelle appartiennent les internationaux bénéficiant d’un traitement particulier, d’autre part l’extension de l’intersaison de ces joueurs de huit à dix semaines. Et enfin un renforcement de la politique des JIFF (joueurs issus de la formation française, NDLR) et une réforme des indemnités de formation au profit du monde amateur.

Les présidents de clubs ont en revanche échoué à s’entendre sur le sort des matches de Top 14 Castres-Stade Français et Montpellier-Racing, reportés par la Ligue (aux 19 et 23 avril) lors de l’épisode de la fusion avortée entre le Stade Français et le Racing, une décision à laquelle s’est opposée notamment le président montpelliérain Mohed Altrad et annulée par la Fédération. On n’a pas réussi à trouver un consensus entre les quatre clubs concernés pour savoir s’il fallait rejouer les matches, ou attribuer des points qui pouvaient être différents du tarif normalement applicable (en cas de forfait: deux points en moins pour l’équipe qui déclare forfait, +5 pour l’autre) a expliqué Eric de Cromières. La procédure entre la FFR et la LNR devant le Conseil d’Etat reste donc en cours. S’il confirmait la décision de la Fédération, alors la commission des règlements de la Ligue se réunirait pour décider de l’attribution des points, alors qu’il ne reste que trois journées de Top 14.