Le Ministère de la Jeunesse et des Sports a réalisé un nouveau point statistique sur le sport féminin dans le cadre de son enquête sur les pratiques sportives. Synthèse.

Vélo, natation, et gymnastique, voilà le trio de tête des trois disciplines les plus fréquemment citées par les femmes. Selon l’enquête pratiques sportives (menée en juillet 2000) du Ministère de la Jeunesse et des Sports et l’Institut National du Sport et de l’Education Physique (INSEP), les femmes sont de plus en plus nombreuses à pratiquer des activités physiques et sportives. En 2000, 79 % des femmes, âgées de 15 à 75 ans, déclaraient faire du sport au moins une fois par semaine (contre 88 % pour les hommes).

Selon les conclusions de l’enquête, les femmes sont deux fois moins nombreuses que les hommes à détenir une licence sportive et trois fois moins nombreuses à participer à des compétitions sportives. On retrouve moins de femmes dans l’enseignement de l’éducation physique et sportive (46 % des profs d’EPS sont des femmes) alors qu’elles sont globalement majoritaires dans le camp enseignant (60 %). Et on ne parle pas des postes à responsabilités dans les instances dirigeantes. Si la place de ministre des sports est occupée par une femme (ndlr : Marie-George Buffet), leur accès à ces postes est encore exceptionnel. Ainsi, au terme des élections 2000-2001, quatre fédérations sportives (sur 101) ont une femme pour présidente (la course d’orientation, l’équitation, la Fédération Française pour l’Entraînement Physique dans le Monde Moderne et la Fédération sportive des sourds de France).

Ce n’est pas un hasard si les activités sportives les plus citées par les femmes sont le vélo, la natation ou la gymnastique. Chacun de ces sports correspond à une pratique plus ou moins individuelle. Qui plus est, pratiquer la natation ou la marche (randonnée) en dehors de toute structure est plus aisé que de jouer au rugby en dehors des clubs. La pratique des femmes est donc autonome. D’ailleurs, cette autonomie se retrouve dans leur adhésion à une structure sportive. Comme on l’a vu plus haut, elles sont deux fois moins nombreuses (un peu moins de 15 %) que les hommes (32 %) à détenir une licence sportive. Autre détail à noter : ces disciplines sont le plus souvent associées à l’entretien de la forme physique, plutôt qu’à la pratique intensive d’un sport !

La compétition n’attire donc pas la gente féminine. Seules 5 % des sportives (contre 20 % des sportifs) participent à des épreuves officielles ou non. Le manque de temps lié le plus souvent à la double contrainte familiale et professionnelle (en moyenne une femme dispose de 40 minutes de temps libre de moins qu’un homme au quotidien) explique en grande partie cette faible participation.

On remarque enfin que les femmes en général sont plus souvent attirées par des disciplines moins médiatiques que les sports dominés par les hommes. Ainsi le football n’arrive qu’au 21e rang (sur 36) des disciplines pratiquées par les femmes. En 1999 (source CSA), 850 heures d’antenne, sur les chaînes hertziennes, ont été consacrées au football et au rugby, contre 30 à la gymnastique (yoga, stretching, etc) et au patinage artistique. Les femmes sont majoritaires au sein de ces sports sous-médiatisés. 79 % des pratiquants en gymnastique sont des pratiquantes. Même chose en danse (80 % sont des femmes) ou en patinage (71 %).
Les licences sportives en 2000

FEDERATIONS – NOMBRE DE LICENCES EN MILLIERS – FEMMES EN %

Unisport olympiques – 6.627 – 27 %
Unisport non olympiques – 2.407 – 18
Multisports scolaires et universitaires – 2.552 – 44
Multisports handicapés – 39 – 34
Multisports affinitaires et groupements nationaux – 2.260 – 64

Ensemble des fédérations – 13.886 – 33