Les quarante clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 de football accusaient un déficit de 200 millions d’euros à la fin de la saison dernière ! Un record.

Les pertes brutes cumulées des 40 clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 ont culminé, en fin de saison dernière, à 200 millions d’euros, dévoile L’Equipe, en s’appuyant sur les analyses menées par la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). Le montant final sera sans doute revu à la baisse dans les prochains mois avec les abandons de créances des actionnaires ou d’apports en capital. Mais il symbolise l’état financier du football français. L’an dernier les clubs pros avaient perdu seulement 39 millions d’euros.

Comment expliquer un tel dérapage ? Le football professionnel espère rebondir en demandant des allégements de charges aux pouvoirs publics. On demande un allègement de charges qui sont insupportables par rapport à nos concurrents, indique Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel (LFP). Si le PSG payait les charges sociales aux taux allemand, il économiserait 50 millions d’euros par an, continue le président de la LFP. Le niveau de charges pénalise effectivement les clubs français, mais il masque une autre réalité. Les clubs ont relâché leurs efforts de bonne gestion en continuant d’offrir des contrats aux joueurs en dehors de la réalité économique du football français. La taxe à 75% a coûté 40 millions d’euros à neuf clubs, mais le PSG y contribue à lui seul pour 20,8 millions d’euros. Elle ne suffit pas à justifier le dérapage des comptes. Pour la sixième saison consécutive, les clubs ne parviennent pas à équilibrer leur compte. Une constante si on fait exception de la parenthèse des saisons 2005-2006 à 2008-2009 lorsque les bilans cumulés étaient positifs.

Pour relancer un secteur en difficulté, la Ligue demande l’instauration d’un système de droit à l’image similaire à celui des artistes. Un retour au droit à l’image en somme. Difficile à imaginer dans un contexte de chasse aux niches fiscales. La suppression de la taxe sur les spectacles est mieux partie. Sous la pression de Bruxelles, la France va supprimer cette disposition (fluctuante selon les communes) et instaurer un taux de TVA unique à 5,5%. Le lobbying en faveur d’un assouplissement de la loi sur le sponsoring (afin d’autoriser la publicité pour les alcools par exemple) devrait reprendre, parallèlement au dossier des loyers des stades. Les enceintes livrées pour l’Euro 2016 ne sont pas les relais de croissance attendus par les clubs. Et pour cause. Le plus souvent mis devant le fait accompli, les clubs ne maîtrisent rien ou peu de la gestion de ces stades plus grands, plus modernes, mais également plus coûteux.