Sponsoring.fr était présent à Décines-Charpieu pour la première conférence de presse de Jean-Michel Aulas à l’intérieur du Grand Stade, dont la livraison est attendue pour janvier 2016, en cours de construction. Le président de l’Olympique Lyonnais présente les enjeux de l’investissement réalisé par le club de Ligue 1. Un projet unique en France.

Sponsoring.fr Jean-Michel Aulas, pourquoi ce stade est-il si important pour l’Olympique Lyonnais ?
Jean-Michel Aulas Cela fait partie de l’économie moderne que d’avoir des revenus qui ne sont plus uniquement liés à une participation à la Ligue des champions. Ce qui était traditionnellement évoqué pour de grands clubs européens, c’est-à-dire des déficits, cette époque-là est révolue. Grâce à Michel Platini et au fair-play financier, nous entrons dans une période où les grands clubs, en particulier ceux qui sont propriétaires de leur stade, présentent des bilans équilibrés. Le football européen est passé d’une économie structurellement déficitaire à une industrie rationalisée et régulée pour ceux qui veulent participer à une coupe d’Europe. Via le fair-play financier, il devient obligatoire de gagner de l’argent. Plutôt que de faire les choses sous la contrainte, nous les avons d’abord conceptualisées dans un business plan avec l’aide des plus grands cabinets spécialisés. Aujourd’hui, l’Olympique Lyonnais passe à la réalisation.

Quel nom va porter cette enceinte ?
Le nom du stade sera celui du namer. Groupama a signé pour le camp d’entraînement et pour le centre de formation. C’est le premier partenaire-titre du projet. Il y aura un namer pour le stade, ou pour l’ensemble du parc, sur les bases que j’avais indiquées dans le business plan. Des négociations sont en cours. J’espère conclure assez rapidement. En tout cas avant d’entrer dans le stade en janvier 2016. Les négociations sont d’ailleurs nombreuses et nous avons bien fait de ne pas nous précipiter. Aujourd’hui, tout le monde voit cet outil, positionné à côté de Saint-Exupéry, au carrefour de la navette Rhônexpress et d’Eurexpo. Avec le stade, nous allons donner au namer une visibilité et une intégration dans les services qui n’existe nulle part ailleurs.

D’autres stades en France cherchent également un partenaire-titre. Quel est l’avantage de l’Olympique Lyonnais ?
Vous ne pouvez pas comparer avec un stade qui est financé dans le cadre d’un partenariat public privé (PPP). Dans ce cadre, vous avez un combat entre la collectivité publique qui a donné des subventions et qui va faire payer à ses concitoyens une partie des coûts, l’opérateur qui veut récupérer ses fonds et le club résident qui n’est pas décideur. Ici à Lyon, nous sommes dans un cadre totalement intégré. Quand je discute avec les présidents des groupes intéressés, je présente un projet non seulement de naming, mais aussi de mise à disposition de showrooms et de services au travers de la conciergerie et du digital. Nous n’avons pas d’inquiétude. Ce sera où X Arena ou Parc X, vous le saurez bientôt.

Quel modèle avez-vous suivi ?
Deux exemples nous ont guidés, dans la construction et dans la conceptualisation. Il y a Arsenal. C’est à peu près le même stade et nous partageons le même architecte. Et il y a le Bayern Munich. Ces deux clubs sont propriétaires à 100 % de leur équipement. Arsenal et le Bayern annoncent cette année entre 50 et 100 millions d’euros de résultat d’exploitation. L’appréciation historique de choses difficilement rentabilisables s’efface. L’Olympique Lyonnais a été un peu plus loin avec les aménagements extérieurs (jouxtant le stade, l’OL va installer son centre d’entraînement, ainsi qu’un centre de loisirs cédé à un aménageur, plus un hôtel 5 étoiles, ndlr). Au-delà de tous les événements, chaque week-end il y aura des milliers de personnes qui viendront voir le musée. Un musée orienté sur la dynamique des frères Lumière, c’est-à-dire avec beaucoup d’images. Ce sera un musée moderne qui permettra de montrer le passé, mais avec des éléments digitaux, prisés des visiteurs. L’ensemble fonctionnera toute l’année avec des revenus qui ne sont pas uniquement de mises à disposition du stade, mais des revenus de services. Même chose pour les entreprises qui pourront venir tous les jours utiliser l’infrastructure comme bureau, ainsi que l’ensemble des auditoriums pour leurs conventions.

L’OL reste sur cinq exercices comptables déficitaires, cumulant quelque 137 millions d’euros de pertes. Allez-vous inverser cette tendance ?
Devant la DNCG, nous sommes passés sans encombre. Trois heures après notre audition, nous recevions son feu vert. Nous avons présenté un budget de fonctionnement pour 2015-2016 qui sera, au minimum de 180 millions d’euros contre 110 l’an passé, avec une projection d’équilibre pour le club, qui intègre le nouveau stade dès l’année prochaine. Désormais, nous allons commercialiser notre marque. La valorisation d’une marque comme l’OL peut prendre des dimensions extraordinairement élevées comme le fait actuellement le Paris Saint-Germain, mais en ayant financé sa croissance de manière extraordinaire aussi. Ce sont deux modèles différents. Nous avons mis le paquet sur notre centre de formation pendant des années. Nous avons investi entre six et dix millions d’euros par an depuis que je suis arrivé. Cette fois, nous misons sur notre stade. Avec cette infrastructure, nous avons probablement investi autant que le PSG pendant les deux dernières années… mais pas sur les mêmes types d’investissement.