La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a chargé sa commission médicale d’une étude permettant une définition plus précise du genre féminin à la suite de l’affaire Caster Semenya, la jeune Sud-Africaine championne du monde du 800 m au coeur d’une polémique sur son identité sexuelle.

On s’est aperçus dans ce domaine-là qu’on n’avait pas de définition. Il y a un manque dans notre législation. (Avec cette affaire) Tout le monde se réveille, a indiqué Pierre Weiss, secrétaire général de l’IAAF. Mais on n’est pas les seuls. C’est vrai aussi pour les autres fédérations, a-t-il ajouté.

Pour traiter les cas, l’IAAF fait du coup par coup. Nous n’avons pas de textes sur ce sujet, comme nous en avons pour le dopage. Dans nos règlements, rien ne permet de dire quelle doit être notre décision, avait remarqué Pierre Weiss il y a quelques semaines.

L’IAAF avait annoncé, le 19 août dernier, juste avant la finale du 800 m des Mondiaux à Berlin, totalement dominée par Semenya, qu’elle diligentait un groupe d’experts allemands pour enquêter sur le genre de l’athlète prodige, âgée de 18 ans. Cette décision et ses développements avaient scandalisé l’Afrique du Sud et pris une tournure extra-sportive, avec des relents politiques et raciaux dans le contexte particulier du pays.

De hauts responsables avaient ainsi accusé l’IAAF de racisme à l’égard de Semenya, qui s’était révélée au plus haut niveau en quelques semaines.

Les premières interrogations sur l’identité sexuelle de l’athlète remontaient aux Championnats d’Afrique juniors, en juillet à l’Ile Maurice, lorsque ses performances sur le double tour de piste avaient stupéfait. La fédération sud-africaine d’athlétisme a reconnu qu’elle avait pratiqué des tests de féminité sur Semenya avant les Championnats du monde.

La décision concernant l’avenir de la championne du monde devrait être prise fin novembre, lors du conseil de l’IAAF à Monaco.