L’association Court Circuit Val d’Europe (CCVDE) a qualifié samedi d’aberration écologique le projet de circuit de Formule 1, dont le plan a été publié récemment, sur le site du Syndicat d’agglomération nouvelle (SAN) du Val-d’Europe, appelant à un rassemblement mercredi à Paris.

L’association estime que la réalisation d’un tel projet au coeur d’un centre urbain de près de 30.000 habitants est une hérésie et constitue entre autres un danger sanitaire résultant des nuisances sonores bien au-delà du seuil de tolérance et une dégradation irréversible de l’environnement, souligne t-elle dans un communiqué. Nous sommes fermement opposés à ce projet de circuit de Formule 1 temporaire, élaboré par le groupe Lagardère et la société Eurodisney, a déclaré le vice-président de l’association, Thierry Gayot.

En réaction, Alain Prost, porte-parole du projet, a affirmé qu’il était important de conserver le Grand Prix de France de Formule 1 en expliquant que c’est une question d’intérêt national dans une interview au Journal du Dimanche. C’est une question d’intérêt national, a déclaré l’ancien champion du monde de F1. Cela dépasse le cadre de la Formule 1. L’automobile est aujourd’hui un secteur en grand danger qu’il faut défendre en prenant le virage des technologies nouvelles et en réaffirmant notre culture automobile.

Le premier Grand Prix européen a eu lieu en France. La F1 participe au rayonnement international, elle renforcera le développement du tourisme étranger, a ajouté l’ancien champion du monde qui avait estimé à un peu plus de 60 millions d’euros le coût du circuit non permanent à Disneyland Paris. Il faut s’intéresser à l’équation nuisances/retombées pour mesurer l’importance de cet événement, a encore dit Alain Prost dans une allusion aux critiques des écologistes.

Le projet installerait, le temps d’un Grand Prix, le circuit sous les fenêtres des parcs de loisirs de Disneyland Resort Paris, selon une porte-parole de Disney.

C’est une aberration écologique, une aberration économique (…) car ça ne va rien rapporter aux communes, s’est-il indigné, avant d’ajouter que les gens ont acheté ici pour avoir la préservation du cadre de vie, pour avoir la tranquillité. Pour faire barrage à ce projet, l’association se dit déterminée à épuiser toutes les voies de recours juridiques, a-t-il prévenu. Elle revendique entre 300 et 400 adhérents hétéroclites résidant dans la région et en dehors et appelle à un rassemblement mercredi devant le siège de la Fédération française de Sport automobile (FFSA). Celle-ci rendra publique le même jour la liste des projets retenus pour l’organisation du Grand Prix de France de Formule 1 en 2010.