Les skieurs ont privilégié le compromis, jusqu’à présent en vain, face à l’équipementier Rossignol qui a décidé de baisser leur salaire fixe de 50% pour faire face à la crise économique, ont annoncé vendredi les athlètes en stage à Cargèse, en Corse.

Dans un premier temps, on a essayé de trouver une solution tous ensemble. Une carrière est courte et une baisse de 50 % n’était pas envisageable. Mais on est prêts à faire un effort et on proposait une diminution de 20 % qui a été refusée, a expliqué Jean-Baptiste Grange, lauréat de la Coupe du monde de slalom.

La position de Rossignol, qui perdait chaque jour 190.000 euros en début d’année, reste ferme. Notre approche est cohérente, elle a été comprise par la très grande majorité des athlètes. Mais pas question de faire des différences, indique-t-on chez le fabricant.

Néanmoins, Grange est bien décidé à défendre personnellement son cas. Ce qui me chagrine, c’est qu’on nous met tous dans le même +lot+. Je suis français, chez Rossignol depuis 15 ans, et je pense que, avec mes succès, je leur ai fait vendre pas mal de paires de skis, argumente le champion de Valloire (Savoie).

Actuellement, personne ne sait vraiment ce qu’il faut faire. Je pense que ça va se décanter dans une quinzaine de jours, a ajouté le Mauriennais.

Le fixe, c’est ce qui nous enlevait la précarité. Imaginez que je me casse les deux jambes cet été. Mon contrat s’arrêtant en avril (2010, après les JO d’hiver), que va-t-il me rester?, souligne Julien Lizeroux, double médaillé d’argent (slalom/combiné) aux Mondiaux de Val d’Isère.

Tous concordent néanmoins sur le fait qu’ils n’ont pratiquement pas d’alternative, sinon d’aller devant les tribunaux, avec les temps d’attente de plusieurs années. Le marché n’est pas assez florissant pour qu’une marque puisse profiter des difficultés de la concurrence. Et les stars ont tout à perdre sportivement à changer de matériel la saison des JO.