On se dirige tout droit vers une grève en MLB. Les joueurs craignent que les propriétaires modifient leurs conditions salariales après les World Series (la finale du championnat). Propriétaires et joueurs ne s’entendent pas sur trois points principaux.

1. PARTAGE DES REVENUS
Les propriétaires veulent augmenter le partage des revenus entre les équipes pour équilibrer les forces. Ainsi, les revenus des New York Yankees ont atteint l’an passé 217,8 millions de dollars. Dans le même temps, ceux des Expos de Montréal atteignaient péniblement 9,8 millions de dollars. Les propriétaires aimeraient augmenter les revenus locaux (droits locaux de télévision, des revenus de stationnement et des concessions et souvenirs) dont le partage passerait de 20 à 50% parmi les 30 équipes. Ils souhaiteraient également établir une masse salariale plancher à 45 millions de dollars.
Pour leur part, les joueurs allèguent que les équipes doivent avoir le droit de conserver les revenus qu’elles génèrent et estiment que les revenus des matches ne sont pas complètement locaux, puisqu’il faut deux équipes pour disputer une rencontre… Les joueurs estiment que prendre de l’argent aux équipes les plus fortunées brimerait leur liberté à dépenser davantage pour embaucher un joueur. La formule proposée par les propriétaires pourrait empêcher les meilleurs joueurs de toucher des salaires plus élevés, lorsqu’ils deviennent libres de tout contrat.

2. UNE NOUVELLE TAXE
Les propriétaires constatent que les équipes ayant une petite masse salariale gagnent rarement. Une taxe de 50% serait imposée pour chaque dollar dépassant les 98 millions de dollars de la masse salariale.
Les joueurs estiment qu’il est injuste d’imposer les équipes les plus riches.

3. LA REGLE DES 60/40
En 1975, Bud Selig (commissionner de la MLB), alors propriétaire, avait apporté sa contribution à la rédaction d’une règle qui empêcherait les équipes d’avoir une dette supérieure à 40% de leur valeur. Cette mesure devrait être revue à la hausse. Les dettes des équipes incluraient alors les emprunts pour les stades, les prêts et les contrats à long terme avec les joueurs. Les équipes qui violeraient cette mesure pourraient écoper d’amendes et pourraient être privées des revenus des droits de télévision nationaux.

En 1994, la dernière grève provoquée par les joueurs avait débouché sur un conflit long de 232 jours, forçant l’annulation des World Series pour la première fois depuis 1904. Un drame national aux Etats-Unis. Depuis, l’affluence moyenne dans les stades n’a jamais rejoint le niveau de 1994, soit 31.612. En 1995, elle avait chuté à 25.260; cette année, elle se chiffre à 27.800. Affaire à suivre.
Les précédents conflits

Le baseball se dirige vers le neuvième arrêt de travail de son histoire. Le premier conflit s’est produit en 1972. La grève a duré 14 jours et les joueurs revendiquaient une meilleure caisse de retraite. L’année suivante en 1973, les propriétaires déclenchaient un lock-out qui a duré 12 jours et qui touchait l’arbitrage salarial. Puis en 1976, un autre lock-out causait une interruption des activités. Le conflit a duré 17 jours et la question des joueurs libres était au centre des négociations. Quatre ans plus tard, une grève, au sujet des compensations concernant les joueurs libres, paralysait les activités de la MLB. En 1981, 712 parties étaient annulées à la suite d’une grève des joueurs qui a duré 50 jours. Puis en 1985, une grève de deux jours était déclenchée par les joueurs. Cinq ans plus tard, c’est un lock-out qui privait les amateurs de baseball pendant 32 jours. Puis, les saisons 1994 et 1995 étaient affectées par une grève des joueurs. La question d’un plafond salarial et le dossier du partage des revenus avaient opposé joueurs et propriétaires. La grève avait duré 232 jours et forcé l’annulation de 938 rencontres ! Les dirigeants de la MLB avaient même été dans l’obligation de décréter l’annulation des World Series.